Boris Cyrulnik : Les femmes ont connu une aventure humaine incroyable depuis cinquante ans, un changement de statut absolu. Or, je ne vois pas comment les femmes peuvent changer sans changer les hommes… Est-ce que l'on va continuer à dire que les femmes sont formidables et qu'elles vont gérer la société en laissant aux garçons la bière et le foot ? Continuer ainsi, c'est transformer le féminisme en un nouveau sexisme. Or, combattre un groupe sexiste par un autre groupe sexiste n'est pas un progrès. Il me semble plus intéressant de réfléchir au nouveau statut des hommes. L'ancien statut reposait sur la violence, celle du quotidien ou celle des guerres. L'homme devait être violent pour être prêt à se défendre et défendre les siens. Aujourd'hui, la violence n'est plus une vertu masculine. Dans notre culture, elle est devenue un outil de destruction. Du couple, de la famille et des hommes eux-mêmes. Du coup, l'« héroïsation » des hommes n'a plus de sens. D'ailleurs, c'était une mauvaise affaire pour les femmes, parce qu'elle légitimait leur domination. D'où la nécessité, après le féminisme, d'inventer le « masculinisme ». Là est l'enjeu de demain.
Source : Extrait d'une formidable interview de Boris Cyrulnik sur Psychologue.com
1 commentaire:
Boris Cyrulnik peut-il vraiment ignorer que le masculinisme existe et que ce n’est absolument pas le pendant du féminisme ?
Ce mouvement a pris naissance au Québec. Ce sont des pères divorcés à qui la justice avait refusé la garde de leur(s) enfant(s) qui l’ont initié. On leur doit d’avoir propagé le SAP de Gardner (syndrome d’aliénation parentale) qui discrédite d’office la parole des mères et des enfants qui se plaignent de violences (y compris sexuelles) d’un père.
Voir http://sisyphe.org/spip.php?article296
.Le féminisme est leur bête noire, ils lui imputent tous les maux de notre société : violences des jeunes, chômage, échecs scolaires des garçons …
Ils militent pour un retour au « bon vieux temps » où les femmes étaient au foyer, soumises et obéissantes.
Le psychologue Yvon Dallaire en fait partie. Il est chargé de tenir un discours édulcoré pour pouvoir avoir accès aux médias (il vient d’être invité en Belgique par l’association Paroles d’enfants…).
Un exemple de ses théories : dans Homme et fier de l'être, Ed. Option Santé, Québec, 2001 :
« Il serait temps que les hommes se libèrent du joug des femmes »
"Concernant la violence conjugale, il nous faut une approche sans coupable qui responsabilise les deux protagonistes. Pour se disputer, il faut être deux (…) dans un couple, les deux participent à la dispute."
Le voici ici, piégé par Patric Jean (il ignore qu’il est filmé et enregistré)
http://vimeo.com/6791540
Alors, les hommes qui ont compris que la société change et qui veulent y jouer un nouveau rôle ne peuvent pas s’appeler masculinistes, ce nom est pris par des groupes misogynes et réactionnaires.
Ces hommes pro féministes savent que l’égalité, pour les hommes, ce n’est pas seulement devoir faire sa part des corvées, mais, en vrac, pouvoir tisser des liens précoces avec ses enfants, montrer ses sentiments, dire qu’on n’aime pas le foot, ne pas se priver de la moitié de l’humanité comme interlocuteurs (trices) valables, ne pas dépendre éternellement d’une femme pour sa nourriture et son linge… tout ça sans être traité de "tapette".
Et, le féminisme ne veut pas "gérer la société en laissant aux garçons la bière et le foot ».
Le féminisme veut partager les droits et les devoirs ; le féminisme ne veut pas qu’un matriarcat succède au patriarcat.
Si c’était le cas, les femmes voudraient « gérer la société » en laissant aux hommes les corvées non payées et les métiers sous-payés, pas « la bière et le foot » et les loisirs personnels!
Cordialement :)
Enregistrer un commentaire