Le vendeur a le cheveux aussi brillant que ses coupés sportifs. Il commence sa lithanie concernant les meilleurs modèles, comme un marathonien. Il faut vous dire mon bon monsieur,que sur un tel joyau, les options sont toutes comprises. Donc il y a tout, du volant au coffre à bagages en passant par les ceintures de sécurité.
'Et la roue de secours ?'
L'homme gominé feint de ne pas m'entendre et commence à se répandre sur les 250 chevaux qui ne demandent qu'à s'emballer.
"Je pourrais voir la roue de secours ?" Le commercial se fige, et un commercial qui se fige ça vaut le coup d'oeil. Aussi raide que sa mèche gélifiée. "Ben oui, pour moi le plus important c'est la roue de secours". Je ne vous raconte pas la suite de mon séjour dans la concession.
Mais je ne ferai jamais de concession avec la roue de secours. Pire que cela je suis un stakhanoviste de la roue de secours, du plan B, de la Mesore (MEilleure SOlution de REchange), déformation professionnelle probablement. Dans les situations conflictuelles de management qui sont souvent des situations de négociation, le mieux placé, celui qui finira par l'emporter c'est celui qui a le meilleur plan B. Le plan A c'est pour la lumière, pour l'apparat, pour intoxiquer, manipuler, épuiser la partie adverse. Avec un plan B béton on peut mettre à mal tous les plans A. Entrer dans une négociation sans roue de secours "carrée" c'est aller directement au suicide !
C'est probablement pour cela, inconsciemment que j'aime les belles roues de secours, pas les galettes tristes, non celles qui sentent encore le caoutchouc neuf longtemps après, qui restent dans l'ombre mais qui seront toujours là en cas de coup dur.
Et qui donnent confiance pour aller loin, très loin...
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