Pages

mardi 3 mai 2011

Lundi, sur la Terre...

C'est un lundi ordinaire du mois de mai.À l'arrêt du bus une maman regarde un livre illustré avec ses deux enfants; un petit garçon s'en va à l'école, une main trainant un sac, l'autre serrant contre lui un ballon rouge.
Un vent frais secoue les branches.

C'est un lundi de ciel bleu.
Des amis partagent un café, dans un bistro calme; des dames fouillent les rayons de vêtements à la recherche de quelque robe ou blouse pour l'été qui viendra.
Les martinets dansent au ciel, des hirondelles rustiques survolent ma banlieue et les pigeons qui s'envolent semblent applaudir.

C'est un lundi de printemps.
Une petite fille, de rose vêtue, sautille dans les couloirs de son école. Un gamin essaie de reconnaitre les quadrilatères, un autre s'applique à travailler le moins possible, avec un regard pétillant et farceur.
Les premières demoiselles volètent au jardin, de minuscules sauterelles prennent le soleil sur les jeunes feuilles de bourrache.

C'est un lundi ordinaire du mois de mai.
Des mamans cajolent leur nouveau-né, des voisins papotent ou fument une cigarette assis sur le seuil, des garçons et des filles réinventent l'amour. Une vieille dame promène tranquillement un vieux chien.
Inlassablement, les abeilles butinent.

C'est un lundi, sur la terre.
Là-bas, loin, une centrale nucléaire pète, crache, rote et pisse sa radioactivité.
Ici, une femme, médecin, dit sa colère: il serait raisonnable que chaque habitant de l'hémisphère nord prenne des comprimés d'iode car la contamination sera inéluctable. Mais les irresponsables politiques se garderont bien de donner pareil conseil , de peur de reconnaitre leur totale inconscience; et ils continueront  à prôner cette énergie mortifère.
On verra bien...
D'autres ont vu et voient.
Des enfants naissent, là-bas,en Biélorussie,  difformes, sans cerveau, parfois.
Des enfants naitront, là-bas, au Japon.
Mais ici, tout va, tout ira bien. Et silence-radio!

C'est un lundi extraordinaire de lumière.
Et en voyant le sourire des enfants, dans la cour d'école, en songeant au bonheur des amoureux, des amoureuses, en pensant à ces enfants que peut-être mon fils ne pourra avoir, j'ai en moi une telle tristesse, une telle rage que pour les dire, il faudrait inventer des mots qui n'existent pas encore.

par Marie-Anne Dethier, mardi 3 mai 2011, 01:03
http://demonpetitjardin.blogspot.com/
http://abc-daire.blogspot.com/

1 commentaire:

Jean-Pierre Collignon a dit…

Super d'avoir mis ça sur ton blog, mon ami Vincent... Super. En passant, je te salue !